vendredi 26 septembre 2014

Un bon kit ambassadeur

Le kit Ambassadeurs doit servir à faciliter la vie des ambassadeurs au maximum.
Que doit-il contenir ? A mon avis, 
 -         La charte graphique et les valeurs de la marque qui doivent être partagées par les acteurs du territoire et à fortiori par les ambassadeurs.
-         Les argumentaires pour emporter la décision rapidement (et la hot line pour les argumentaires qui ne sont pas en ligne) que se soit pour une implantation de bureaux, pour la tenue d’une rencontre ou pour faire venir un chercheur.
-         La boutique de goodies qui permet de ne pas se creuser la tête pour les petits cadeaux de bienvenue ou de remerciements quand un ambassadeur reçoit une délégation
-         La banque de photos et de cartes du territoire qui permettent rapidement d’illustrer une présentation par des images en cohérence avec les valeurs de la marque

Le name dropping peut aussi faire partie d’une stratégie d’ambassadeurs. C’est le choix retenu par Reims. 

Les ambassadeurs ne sont pas des employés de l’agence de développement, de la CCI ou de la ville.
Leur adhésion au programme et leur engagement pour faire gagner leur territoire repose sur d’autres ressorts.
L’animation de ce réseau passe certainement par l’entretien de l’enthousiasme des ambassadeurs :
-         soirée dédiée permettant de les mettre en valeur(s’il s’agit juste d’un cocktail avec le discours du président, ce n’est pas très intéressant) et de cultiver le réseau

-         activités permettant de rendre compte de la dynamique du réseau  
Mis à part encore une fois ONLY LYON, rares sont les territoires à mettre tous ces outils en oeuvre. 

mercredi 13 août 2014

Osez Bordeaux !

Après Only Lyon, qui fait la quasi unanimité sur sa stratégie de marque, je propose de suivre de près la démarche initiée par la ville de Bordeaux pour son marketing territorial. C’est ce que j’ai vu de mieux depuis bien longtemps.

OsezBordeaux ! C’est tout d’abord un site Internet, clair et très bien fait, sur lequel vous pouvez trouver une présentation de la démarche :

"Osez Bordeaux signe une nouvelle étape pour Bordeaux, ville qui avance, se transforme et qui rayonne.
Osez Bordeaux symbolise une dynamique en marche, un mouvement amorcé il ya plusieurs années qui fait de Bordeaux, aujourd’hui et pour les années à venir, un territoire économiquement attractif.
Osez Bordeaux n’est pas une promesse qui ne pourrait être tenue mais l’expression d’une stratégie ambitieuse portée par les forces vives de la ville."

J’y ai retrouvé tous les principes mis en avant dans ce blog en particulier l’appui des acteurs du territoire à la démarche. Les accrochages qui ont pu marquer le lancement dela marque par la Ville alors que la C.U.B. en était encore au stade de la réflexion se sont résolus avec le choix des électeurs de mettre Mr JUPPE à la tête de cette dernière.

La gouvernance associe un large panel d’acteurs, j’attends avec impatience le kit Ambassadeur que j’ai commandé pour pouvoir le commenter, mais sur la base de ce que j’ai pu voir jusqu’à présent, je trouve qu’il y a là une source d’inspiration pour bien d’autres métropoles.

La marque elle-même est une trouvaille extraordinaire puisqu’elle s’adresse aussi bien à son propre territoire « Osez, les bordelais ! » qu’à ses prospects « Osez, venir à Bordeaux ! »
Et le plus fort c’est que cela marche aussi en anglais « Go, Bordeaux ! »

Avec l’arrivée du TGV en 2017, Bordeaux ne sera plus qu’à 2 heures de Paris. Si d’ici là les autres métropoles de l’Ouest n’ont pas renforcé leur position, l’héliotropisme aidant, il sera très difficile de ne pas faire le choix de Bordeaux. 

lundi 11 août 2014

Double pêché !

La gourmandise s'associe à la curiosité ! j'ai expérimenté cet été une initiative originale de l'office du Tourisme de Gijón, ville de la province espagnole des Asturies. 
Il s'agit, moyennant l'achat d'un carnet de tickets, de vous lancer à la découverte de la ville à travers des spécialités pâtissières. 
La gourmandise, voilà un moteur original pour vous lancer à la découverte d'une ville, en vous incitant à pousser vos pas dans des quartiers plus éloignés du centre où vous n'auriez pas eu d'autre raison de vous rendre. Vous pourrez ainsi apercevoir un immeuble non signalé sur les guides, ou vous plonger dans la vie quotidienne d'un quartier, un peu plus loin de l'agitation touristique du centre historique ou des plages. 
C'est ce qui m'a plu dans cette formule, avec un autre point important qui est le respect absolu de la liberté du touriste qui va à son rythme, choisit ses pâtisseries et utilise ses tickets comme bon lui semble. Il peut même reprendre la même si elle l'a particulièrement séduite ou s'il veut la partager avec quelqu'un. Rien n'est imposé, il suffit juste de se laisser guider par sa curiosité et sa gourmandise !  
Cette démarche fait écho à la réflexion initiée par Boris Maynadier sur la stratégie culinaire des villes. L'office de Tourisme de Gijón développe également une autre offre qui permet de mettre en avant la créativité des chefs asturiens. Un peu plus cher, un peu plus classique dans la démarche... en ce début de vacances, je ne l'ai pas testée.

vendredi 21 février 2014

Transformer l'essai !

L'Agence Internationale Nantes Saint-Nazaire vient de marquer un superbe essai avec le choix de la ville de Jules Verne par Hachette Français Langue Etrangère pour illustrer sa méthode d'apprentissage du français.

Tout en apprenant le français, les étudiants de 7 à 77 ans des Instituts Français et des Alliances Françaises du monde entier, vont désormais découvrir la France à travers des lieux emblématiques de la ville de Nantes (l’Eléphant, le Carrousel des Mondes marins, le passage Pommeraye, le bateau mou d’Erwin Wurm, …).
La vidéo qui accompagne le nouveau manuel de TOTEM, c'est le nom de la méthode lancée en janvier 2014 par Hachette FLE, met en scène les aventures quotidiennes de deux familles à Nantes. Le film en 14 épisodes a été entièrement tourné à Nantes pendant l’été 2013, avec des acteurs locaux.
Hachette FLE prévoit de distribuer cette nouvelle méthode dans 170 pays, sur les cinq continents, soit un potentiel de 90.000 apprentis et autant de potentiels visiteurs de la ville de Nantes pour les dix prochaines années.
Ce succès est tout sauf un hasard :  
Nantes est devenue ces dernières années une place forte de la francophonie avec plusieurs actions coordonnées des acteurs de son territoire :
  • L’Université de Nantes a mis en place un Institut de Recherche et de Formation en Français Langue étrangère (IRFFLE), structure originale en France, qui organise les cours de langue et civilisation françaises pour les étudiants étrangers. L'IRFFLE propose aussi aux étudiants se destinant à la recherche ou à l'enseignement en FLE, et aux enseignants de FLE souhaitant compléter leur formation, plusieurs masters.  
  • Nantes accueille également chaque mois de juillet le prestigieux stage de formation pour les formateurs en français langue étrangère (stage BELC (Bureau d'enseignement de la langue et de la civilisation françaises à l'étranger) organisé par le Centre international d’études pédagogiques (CIEP). Le CIEP propose plus de 2 500 postes d'assistants de français chaque année dans l'un des 20 pays participant au programme.Dans le milieu des professeurs de français on entend dire de ce stage qu’il est « le meilleur des meilleurs ». Il est une riche expérience de partage interculturel et de solide remise à niveau professionnel.
  • La Ville de Nantes est entrée au Bureau de l’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF) ou elle anime un groupe de travail sur l’innovation et la créativité dans lequel se retrouvent des grandes villes de tous les continents.L'Association Internationale des Maires Francophones est le réseau des élus locaux de 48 pays où le français est la langue officielle, la langue de communication ou une langue largement utilisée, et qui se retrouvent autour de ces valeurs communes que sont la place des femmes dans les processus de décision, la démocratie participative ou encore la planification du développement local. Afin d’encourager la réflexion et l’action des villes francophones, l’émergence d’une expertise territoriale et l’identification de bonnes pratiques, une commission permanente de l’AIMF « Villes innovantes » a été créée en 2012, présidée par la Ville de Nantes. 
  • De nombreuses associations nantaises, coordonnées par les services de la Mairie, organisent chaque année depuis 2010 autour de la Journée internationale de la francophonie le 20 mars,  un mois de la Francophonie, qui permet de réunir autour de l’amour de la langue française, intellectuels, artistes et simples citoyens pour des moments intenses de partage, de débats et d’écoute.Nantes saisit cette occasion  pour célébrer le partage d’une langue et de valeurs communes. En 2013, l’agenda a été marqué par un colloque France-Acadie, les 21 et 22 mars, en présence d’Abdou Diouf, secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).Parallèlement au colloque, un village francophone rassemblant une vingtaine d’associations et différents rendez-vous culturels ont rendu compte de la culture francophone, qu’elle soit acadienne, québécoise, africaine, antillaise...
  •  En 2012, du 18 au 20 juillet, les Instituts Français du monde entier se sont retrouvés à Nantes pour  leurs Ateliers annuels. Près de 400 diplomates, conseillers culturels, responsables des alliances, instituts et centres culturels français à l’étranger, représentants des ministères des Affaires étrangères, de la Culture et de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, sont venus travailler pendant deux jours au développement de leurs actions.La ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filipetti, a fait le déplacement à Nantes pour l’ouverture de ces rencontres. 
  • La mise en place d’une Maison des Echanges Internationaux et de la Francophonie espace d'information, d'accompagnement et d'écoute est destiné à développer la mobilité des étudiants nantais et  à améliorer l'accueil des étudiants étrangers ainsi que les échanges interculturels et interlinguistiques.Cette Maison des Echanges Internationaux et de la Francophonie propose différents services tels qu'un guichet unique d'accueil des étudiants étrangers (information, aide aux démarches administratives, orientation, intégration, animation culturelle et soutien linguistique), un portail de mobilité (information, échanges interculturels, motivation à la mobilité) pour les étudiants nantais, un lieu de rencontre entre étudiants étrangers et étudiants nantais, un centre de promotion la Francophonie, par la diffusion culturelle et par l'accompagnement linguistique des étudiants et des étudiants étrangers et par la formation continue des enseignants de français langue étrangère. 
    • La CCI Nantes St-Nazaire est devenue membre en 2013 de la CPCCCAF (Conférence Permanente des Chambres Consulaire Africaines et Francophones). Créé en 1973, le réseau CPCCAF regroupe 130 Chambres Consulaires (dont 20 Chambres Françaises, la Fédération des Chambres Belges et la CCI du Québec) et représente 27 pays francophones. Objectif : participer au développement du secteur privé en renforçant les capacités des organismes intermédiaires et favoriser les partenariats d'entreprises en Afrique francophone sub-saharienne.
 On voit donc se développer depuis quelques années toute une logique de territoire, d’acteurs divers qui dégagent des synergies et ces synergies permettent de multiplier les bénéfices. Nous avons ici l'illustration parfaite d'un territoire qui se met en ordre de bataille autour de valeurs partagées. 

Cette récente reconnaissance par le secteur privé de la capacité de Nantes à exister dans l’espace francophone doit maintenant être confortée par de nouvelles actions.
Marquer l’essai c’est bien … mais le transformer c’est encore mieux.

Comment les étudiants ayant appris le français avec TOTEM seront-ils accueillis à Nantes ?
Vont-ils venir remplir un réseau d’ambassadeurs qui tarde à se mettre en place ?
D’autres actions de promotion par le tournage de films sont-elles possibles ? 
Comment la Région des Pays de la Loire pourrait-elle valoriser son partenariat avec le Tamil Nadu en Inde par le tournage d’un blockbuster tamoul capable d’attirer des touristes, à l’image d’un Da Vinci Code et ses circuits de visite des sites parisiens ?  




mercredi 19 février 2014

le village gaulois est éternel !

Ce devait être le point d’orgue du Conseil stratégique de l’attractivité, présidé ce lundi dernier 17 février par François Hollande à l’Elysée. 
La "marque France", qui vise à construire "le récit économique du pays", avec un logo et une signature, ne sera pas dévoilée.
Pourtant, l’Etat a mobilisé beaucoup d’énergie pour cette grande opération de communication : 
Le 30 janvier 2013, une mission a été créée par quatre ministres et confiée à des experts de haut niveau.
En juin 2013, la mission a remis son volumineux rapport aux quatre ministres, puis ses conclusions définitives en novembre, le travail étant complété par des sondages et des études de TNS Sofres sur les attentes des Français.
Selon les informations de Challenges , c’est à ce moment là, que le projet a dérapé. Pour créer le logo et la signature de la "Marque France", il ne restait plus que trois mois, avant le grand rendez-vous du 17 février.
Trop tard pour lancer un appel d’offre en bonne et due forme auprès des agences de com’. Le Service d’Information du Gouvernement, rattaché à Matignon est donc appelé à la rescousse. Avec son agence conseil Publicis Consultants, il est chargé de créer le logo et la signature.
Les premiers projets sortent mais sont retoqués par Arnaud Montebourg et le publicitaire Philippe Lentschener, un ancien de Publicis, qui anime le groupe d'experts.
"Nous avons assisté à une bagarre entre Montebourg et Matignon", déplore l’un des acteurs de ce mélodrame.
Au cabinet d’Arnaud Montebourg, on rétorque que "tous les ministres concernés ont refusé les propositions de Publicis". Le ministre du Redressement productif a ensuite confié le projet à plusieurs agences de design, notamment Saguez & Partners. Mais c’était déjà trop tard...

William Martin-Genier, dans La Tribune a publié un excellent article sur ce que pourrait être la Marque France, en s'appuyant sur l'exemple d'Obama, mais sans pour autant donner les recettes qui permettraient de s'approcher de cet exemple. 
Il est quand même dommage que toutes les initiatives qui se mettent en place pour développer l'attractivité de la France que ce soit le choc de simplification administrative, les différents crédits d’impôts, soient noyés dans cette histoire de logo dont on devrait savoir qu'il n'est qu'un épiphénomène. 
Remettez nous un bon vieux coq gaulois et qu'on en parle plus, mais que se mettent en place toutes les actions coordonnées des acteurs, les synergies entre les partenaires, ... qui feront le succès de cette marque !  


vendredi 7 février 2014

La « marque France » sera-t-elle encore un flop ?

C'est lors de la réunion du Conseil stratégique de l'attractivité, prévue à la mi-février de 2014, en présence de François Hollande, que la « Marque France » devrait être officiellement lancée, avec un slogan et une signature visuelle.  
L'opération - imaginée en janvier dernier, par les quatre ministères, du Commerce Extérieur, de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme, du Redressement productif et de l’Economie Numérique, - vise à redonner aux Français la fierté de leurs réussites économiques et à "vendre" les atouts tricolores aux étrangers. 
Dans un article des Echos du 3 février, Pierre-Alain Furbury et Frédéric Schaeffer nous livrent l’analyse suivante de l’intervention du Président de la République face aux patrons des entreprises étrangères implantées en France :
« L’objectif affiché est très ambitieux. «Rendre la France plus désirable», résume-t-on à l’Elysée. L’exécutif promet des mesures pour faciliter l’accueil des investisseurs étrangers (avec un parcours administratif simplifié pour les cadres étrangers et leur famille), renforcer l’attractivité des universités, simplifier les procédures douanières (notamment portuaires) ou encore réorganiser les différents dispositifs de soutien public pour promouvoir la France et ses entreprises à l’étranger. Le gouvernement, qui mise aussi sur son pacte de responsabilité et les assises de la fiscalité des entreprises, s’est fixé pour objectif d’accroître de 40 % le nombre d’investissements étrangers d’ici à 2017, avec un millier de décisions ciblant annuellement la France. Et d’accueillir chaque année 300 entreprises non encore implantée sur le territoire. «La France a tous les atouts pour réussir», martèle François Hollande. «Si vous connaissez des entreprises qui hésitent entre plusieurs pays, dites leur que c'est en France qu’il faut venir», a-t-il lancé lors de ses vœux aux ambassadeurs étrangers,


Car si le «siteFrance» attire toujours (20.000 sociétés sous contrôle étranger y opèrent), il est en perte de vitesse. Après avoir cédé son rang de deuxième terre d’accueil des investissements étrangers en Europe en 2011, la France a décroché des leaders britannique et allemand en 2012, selon le dernier baromètre du cabinet Ernst & Young. Le nombre de projets d’implantations internationales a chuté de 13 % dans l’Hexagone alors qu’il continue de progresser outre-Manche et, surtout, outre-Rhin. Quelque 10.500 créations d’emplois sont associés à ces projets. Un nombre en baisse, cette fois, de 20 %. »
 A la lecture du rapport de synthèse publié en décembre 2013, j’ai la plus grande crainte que cette marque ne soit que la création de publicitaires, sans que tous les outils de dynamisation du territoire qui constituent la véritable force d’une marque soient mis en place. 
Un territoire n’est pas un produit sur rayon, mais bien un lieu vivant avec des hommes et des femmes qui doivent y trouver l’envie: envie d’y vivre, d’y travailler, d’y étudier, d’y investir ou même juste d’y passer un weekend … , mais cette envie, elle n’est pas celle de tendre la main pour saisir un produit, elle est essentiellement liée à la qualité humaine et aux dynamiques qui s'y créent.